Le passage est célèbre, mais il a servi de programme à toute la littérature moderne après lui, et pas qu'en France, pour l'irruption de la ville dans le roman.
Le chantier essentiel de Baudelaire, rythme, syncope, perversité, retournement de la poésie sur elle-même, c'est les Fleurs du Mal. Chantier vie.
En même temps, c'est comme s'il se savait, après Hugo, le dernier poète : qui pour utiliser après lui le sonnet ? Rimbaud et Mallarmé ne feront qu'ajouter un codicille, et savent leur dette. L'enjeu, c'est la prose. Celle que probablement accompliront Rimbaud et Lautréamont, tout pétris de Baudelaire.
La prose qui résonne si magiquement dans les traductions d'Edgar Poe. C'est sur cette piste que part à l'assaut Baudelaire. Avec une matière immense et neuve : Paris.