À la fin du XIXe siècle, le Glückauf inaugure l’ère des pétroliers océaniques. Un navire encore modeste, dont l’échouage, en 1893, ne provoque que des dégâts limités. Pendant des décennies, ces géants de l’industrie maritime restent contenus dans des dimensions raisonnables. Puis, en quelques années, tout change. Les pétroliers deviennent des titans d’acier : les supertankers. L’Amoco Cadiz incarne cette démesure. Lancé en 1974 et long de 334 mètres, il relie le Golfe Persique à l’Europe, défiant les océans par sa seule masse. Ce géant a une contenance équivalente à 9.000 camions-citernes et les dimensions comparables à celles de la Tour Eiffel tout en faisant trente fois son poids. Rien ne semble pouvoir menacer ce colosse. Mais l’histoire nous a souvent rappelé que même les géants ont leur talon d’Achille. En mars 1978, mal entretenu et pris dans une tempête, l’Amoco Cadiz s’échoue au large des côtes bretonnes. En quelques heures, le symbole de la puissance industrielle devient celui d’une catastrophe maritime et écologique majeure, dont les conséquences marqueront durablement les esprits.
Peintre Officiel de la Marine belge, membre titulaire de l’Académie des Arts & Sciences de la mer, Jean-Yves Delitte est architecte-designer de formation. C’est durant ses études qu’il voit ses premières histoires en bande dessinée publiées dans le légendaire Tintin. Puis, d’heureuses rencontres vont lui permettre de s’investir davantage dans le 9e Art avec Donnington, Les Coulisses du Pouvoir, Tanâtos ou encore Les Brigades du Tigre, tout en réalisant les deux tétralogies que sont Le Neptune et Les Nouveaux Tsars. Mais c’est dans les embruns maritimes et l’amour pour le grand large qu’il démontre tout son talent en réalisant de véritables fresques maritimes en bande dessinée. Il imagine ainsi les aventures d’un corsaire amérindien à la fin du XVIIIe siècle avec sa série Black Crow. Il relate l’histoire du prestigieux trois-mâts barque le Belém, de la majestueuse frégate Hermione ou encore la romanesque aventure de la Bounty. Il dresse ensuite une vision angoissante de notre futur à travers la tétralogie U-Boot avant de lancer la collection les « Grandes Batailles Navales » dont il est le maître d’œuvre. En 2020, il donne naissance à une nouvelle collection de beaux livres réalisée à quatre mains avec Jean Benoit Heron. Une collaboration qui voit le premier volume À bord des Frégates recevoir le prix Marine Bravo Zulu. 2020 est aussi la sortie d’un diptyque consacré à Black Beard. En 2022, il singe Falkland et Les Cardinaux, puis le diptyque La Buse qui revisite le mythe de Levasseur. En 2025, il s’intéresse à la puissance des sous-marins durant la Première Guerre mondiale avec U-9 et Navarin, mais aussi aux grands naufrages qui ont marqué l’histoire avec Le Lusitania et La Blanche Nef. La même année, il s’attaque à une nouvelle épopée pirate avec Zheng Shi, dont le deuxième tome est paru en juin 2026. Réside en Belgique.
Giuseppe Baiguera est né en 1970. Depuis 2009, il enseigne à l’école internationale de BD de Brescia. En 2011, il publie Ecoguard, un album distribué dans les écoles pour sensibiliser sur l’écologie. En 2012, il signe pour Kawama Editions Mocambique Blues, un hommage à la BD d’aventure classique. Chez Glénat, il dessine plusieurs albums pour la collection "La Sagesse des mythes" dirigée par Luc Ferry ainsi que l’album Midway dans la collection "Les Grandes batailles navales" avec Jean-Yves Delitte. Réside en Italie.